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« Quiconque veut représenter quelque chose d'irréel doit se conformer à certaines règles. Ces règles sont, à peu de choses près, celles que doit respecter tout narrateur de contes de fées : créer le contraste, provoquer l'étonnement. (.) Seuls ceux qui sont prêts à aller au-delà des apparences peuvent jouer et comprendre un tel jeu - ceux qui acceptent de se servir de leur intelligence, comme ils le font pour résoudre une énigme. Ce n'est donc pas affaire de sens, mais de cerveau. Nul besoin d'être profond, il suffit d'avoir le sens de l'humour et de savoir se moquer de soi, du moins dans le cas de celui qui fait les représentations. »
(Escher, dans Escher, 1989, p. 136)
Cet artiste singulier voit son nom mentionné plus souvent dans les livres d’introduction à la mathématique et à la psychologie que dans ceux d’histoire de l’art. Il faut dire qu’Escher considérait l’esthétique non comme une fin en soi mais plutôt comme l’aboutissement du travail minutieux de la gravure sur bois, de même qu’une transposition méticuleuse de ses ambitieuses recherches dans le domaine de la géométrie et de la perception. Les professeurs de mathématiques et de géométrie font souvent référence à son travail pour amener leurs étudiants à comprendre enfin que la science peut être source de poésie et de beauté. Les manuels de psychologie présentent ses œuvres comme une preuve de la nature construite de nos perceptions. Fondamentalement, il s’agit d’une œuvre à la croisée de trois domaines qui, traditionnellement s’excluent.





