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L'art autochtone contemporain au Canada


Comment les deux artistes abordent-ils le paysage?

Dans un cas comme dans l'autre, ces artistes avaient besoin d'un contact avec la nature pour créer des œuvres d'art.

Pour David Milne, c'était le processus de peinture lui-même qui importait, et non le sujet de la peinture. Milne voulait capturer les sensations vives qu'il ressentait lorsqu'il observait quelque chose. Il s'intéressait à la force de l'impression et c'est ce qu'il voulait saisir immédiatement.

La maison d'Ollie Matson n'est qu'un carré de nuage rouge illustre la façon personnelle de peindre de Milne. La peinture a une texture épaisse et a été appliquée rapidement pour donner une apparence d'esquisse à l'œuvre. Milne saisit la forme des nuages et le contour des arbres et des collines derrière la maison en traçant des lignes qui définissent aussi les volumes. La couleur se limite à l'utilisation de quelques teintes : quelques coups de rouge sur la maison et le poteau à gauche de cette dernière, un peu de vert olive sur le petit arbre qui se trouve à proximité, et du bleu dans les nuages en forme de « V ».

Carr travaillait elle aussi avec rapidité et spontanéité. Par contre, elle accordait de l'importance au sujet de ses œuvres. Comme elle l'a déjà dit, elle cherchait à « exprimer la présence de Dieu dans tout ce qui vit ». Contrairement à Milne, sa peinture est mince, presque transparente. Elle est appliquée avec économie dans des grands coups de pinceau que l'on sent frémir d'excitation.

Dans Ciel, Carr a saisi les sensations qu'elle ressentait face à cette nature : de la joie, un sentiment de liberté, l'immensité de l'espace et la croyance selon laquelle Dieu est présent dans tout ce qui vit. Comme Milne, Carr a grandement simplifié sa composition. Les lignes guident le regard vers les nuages tourbillonnants, où la vie semble rayonner au-delà du cadre. Dans la portion centrale supérieure du tableau, les nuages s'ouvrent pour révéler une lumière dorée.