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Le
rouge peut illustrer le rythme. Le rythme, c'est un cur qui bat
ou une chanson entraînante. Le rythme visuel, c'est une suite de formes
agencées pour diriger le regard dans l'uvre. Dans La roue II,
Jean-Paul Riopelle crée le rythme par le mouvement en spirale. Les
tons et les formes du tableau sont typiques de la gestuelle picturale spontanée
chère aux Automatistes. Le regard balaie la surface plutôt que
de s'attarder à un sujet central. Le rythme est présent dans la
représentation ou l'abstraction, des soldats à l'attaque de Nevinson
aux Viandes de caribou couvertes de mouches de Janet Kigusiuq.
Jean-Paul
Riopelle
La roue ll, 1956
© Succession de Jean Paul Riopelle / SODRAC (Montréal) 2000
Une vaste spirale émerge des formes aiguës qui convergent. Tour à tour épaisses et minces, mille nuances d'orange et de rouge, de rouge et de bleu jaillissent du vortex central. L'accumulation des tons de rouge, puis leur dispersion, dessinent la roue. En structurant l'espace pictural par sa technique de juxtaposition des touches, Riopelle crée rythme et mouvement qui engendrent une rotation. La gamme de coloris est inspirée des verrières médiévales. Jean-Paul Riopelle était membre des Automatistes, un groupe d'artistes québécois pour qui, dans l'acte de création, le hasard était suprême. Cette œuvre témoigne de l'énergie gestuelle de l'artiste quand il improvisait, le couteau plein de peinture.
La roue ll, 1956
© Succession de Jean Paul Riopelle / SODRAC (Montréal) 2000
Une vaste spirale émerge des formes aiguës qui convergent. Tour à tour épaisses et minces, mille nuances d'orange et de rouge, de rouge et de bleu jaillissent du vortex central. L'accumulation des tons de rouge, puis leur dispersion, dessinent la roue. En structurant l'espace pictural par sa technique de juxtaposition des touches, Riopelle crée rythme et mouvement qui engendrent une rotation. La gamme de coloris est inspirée des verrières médiévales. Jean-Paul Riopelle était membre des Automatistes, un groupe d'artistes québécois pour qui, dans l'acte de création, le hasard était suprême. Cette œuvre témoigne de l'énergie gestuelle de l'artiste quand il improvisait, le couteau plein de peinture.
Simon
Tookoome
Je pense toujours aux animaux, 1973
Dans ses souvenirs des relations qu'entretiennent humains et animaux, l'artiste inuit Simon Tookoome met en évidence leur égale importance. Parmi ses nombreuses estampes autobiographiques, celle-ci montre l'influence des légendes et des mythes sur sa vie. Le fond rouge donne du relief aux traits des personnages. Irradiant du centre, les cous rayés des animaux et des êtres humains entraînent notre regard dans un rythme circulaire.
Je pense toujours aux animaux, 1973
Dans ses souvenirs des relations qu'entretiennent humains et animaux, l'artiste inuit Simon Tookoome met en évidence leur égale importance. Parmi ses nombreuses estampes autobiographiques, celle-ci montre l'influence des légendes et des mythes sur sa vie. Le fond rouge donne du relief aux traits des personnages. Irradiant du centre, les cous rayés des animaux et des êtres humains entraînent notre regard dans un rythme circulaire.
C.
R. W. Nevinson
Retour à la tranchée, 1914
Têtes baissées, résignés à leur tâche, une masse d'hommes en uniforme avance.
À l'oblique, les fusils ponctuent ce corps cadencé. La répétition du rouge vif campe formellement la toile. Le rouge unifie et détache les figures du tableau. Nevinson, un artiste britannique, est influencé par le futurisme italien, un mouvement artistique du début du XXe siècle qui fait l'apologie de l'ère de la machine et de l'esthétique de la guerre. Ce tableau qui comprend des éléments de futurisme est centré sur la représentation de figures fragmentées: le soldat en marche se répète dans un mouvement découpé. Nevinson adapte ici le style futuriste pour traduire les horreurs de la guerre en associant l'avènement de l'industrialisation et la dure réalité du combat. Le motif écarlate rythme cette marche collective vers la blessure ou la mort. Retour de tranchée remet en question l'héroïsme guerrier.
Retour à la tranchée, 1914
Têtes baissées, résignés à leur tâche, une masse d'hommes en uniforme avance.
À l'oblique, les fusils ponctuent ce corps cadencé. La répétition du rouge vif campe formellement la toile. Le rouge unifie et détache les figures du tableau. Nevinson, un artiste britannique, est influencé par le futurisme italien, un mouvement artistique du début du XXe siècle qui fait l'apologie de l'ère de la machine et de l'esthétique de la guerre. Ce tableau qui comprend des éléments de futurisme est centré sur la représentation de figures fragmentées: le soldat en marche se répète dans un mouvement découpé. Nevinson adapte ici le style futuriste pour traduire les horreurs de la guerre en associant l'avènement de l'industrialisation et la dure réalité du combat. Le motif écarlate rythme cette marche collective vers la blessure ou la mort. Retour de tranchée remet en question l'héroïsme guerrier.
Janet
Kigusiuq
Viande de caribou couverte de mouches, 1990
Dans l'art de Baker Lake, les dessins, les estampes et les images en applique reposent habituellement sur un fond monochrome. En général, les représentations de la chasse montrent des héros en action. Dans ce dessin, un caribou démembré, couvert de mouches, gît seul dans la toundra. Les rouges, oranges et roses qui l'entourent évoquent une mare de sang et la vitalité de l'animal. Avec des crayons couleurs, l'artiste a hachuré l'espace pour représenter la toundra et, sur la carcasse, a dessiné au crayon gras des centaines de mouches. À voir le motif des mouches agglutinées, on entend leur bourdonnement. La tradition veut que le gibier soit immédiatement mangé ou entreposé. Abandonnée, cette carcasse de caribou laisse songeur.
Viande de caribou couverte de mouches, 1990
Dans l'art de Baker Lake, les dessins, les estampes et les images en applique reposent habituellement sur un fond monochrome. En général, les représentations de la chasse montrent des héros en action. Dans ce dessin, un caribou démembré, couvert de mouches, gît seul dans la toundra. Les rouges, oranges et roses qui l'entourent évoquent une mare de sang et la vitalité de l'animal. Avec des crayons couleurs, l'artiste a hachuré l'espace pour représenter la toundra et, sur la carcasse, a dessiné au crayon gras des centaines de mouches. À voir le motif des mouches agglutinées, on entend leur bourdonnement. La tradition veut que le gibier soit immédiatement mangé ou entreposé. Abandonnée, cette carcasse de caribou laisse songeur.
Marc
Chagall
La tour Eiffel, 1934
© Succession de Marc Chagall / ADAGP (Paris) / SODRAC (Montréal) 2000
Dans le flamboiement d'un soleil rouge, une majestueuse tour Eiffel se découpe sur un ciel rose chatoyant. Portée par un luxuriant paysage, une femme dort paisiblement sous l'ombre verte d'un arbre. Jouant du violon, un coq lui fait la sérénade. Chagall est connu pour son réalisme magique ou la projection enjouée de thèmes oniriques et fantaisistes sur la toile. Heureux de revenir à Paris après une longue absence, l'artiste célèbre son amour de la ville, de sa compagne et de la tendresse que peuvent vivre ensemble les hommes et les femmes. Il combine couleurs symboliques et sujets animaux et humains dans des cadres idylliques qui marquent l'influence de son inconscient. Dans cette toile, le coq représente l'énergie masculine et la puissance solaire est rendue par la gamme des rouges du coucher ou du lever de soleil.
La tour Eiffel, 1934
© Succession de Marc Chagall / ADAGP (Paris) / SODRAC (Montréal) 2000
Dans le flamboiement d'un soleil rouge, une majestueuse tour Eiffel se découpe sur un ciel rose chatoyant. Portée par un luxuriant paysage, une femme dort paisiblement sous l'ombre verte d'un arbre. Jouant du violon, un coq lui fait la sérénade. Chagall est connu pour son réalisme magique ou la projection enjouée de thèmes oniriques et fantaisistes sur la toile. Heureux de revenir à Paris après une longue absence, l'artiste célèbre son amour de la ville, de sa compagne et de la tendresse que peuvent vivre ensemble les hommes et les femmes. Il combine couleurs symboliques et sujets animaux et humains dans des cadres idylliques qui marquent l'influence de son inconscient. Dans cette toile, le coq représente l'énergie masculine et la puissance solaire est rendue par la gamme des rouges du coucher ou du lever de soleil.
















