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Les
artistes ont recours au rouge pour exprimer le désir, la chaleur du foyer,
la volonté politique et le feu de l'action sociale. Le rouge évoque l'urgence:
la Croix-Rouge, le rouge d'une voiture de pompier. Les œuvres de ce volet proposent
des formes, des motifs et des textures rouges qui traduisent l'ardeur. Le rouge
incandescent parle aussi de passion qu'elle prenne la forme de l'amour romantique,
de la dévotion spirituelle ou de l'engagement politique.
Blair
Bruce
Les charrons, 1894
Un groupe d'hommes travaillent fort à forger du métal. Un regard attentif découvre à la surface de la toile un motif ondulant de fines lignes rouges. Ce rouge en superposition met en valeur le sujet central et suscite une sensation de vibration pareille au mirage créé par les chaleurs d'une belle journée d'été. Pourtant, aucun feu n'est visible. Par contraste, le vert éclatant de l'herbe et des arbres environnants accentue l'intensité du moment. Blair fait appel à des techniques impressionnistes apprises en France pour représenter cette scène de la vie quotidienne.
Les charrons, 1894
Un groupe d'hommes travaillent fort à forger du métal. Un regard attentif découvre à la surface de la toile un motif ondulant de fines lignes rouges. Ce rouge en superposition met en valeur le sujet central et suscite une sensation de vibration pareille au mirage créé par les chaleurs d'une belle journée d'été. Pourtant, aucun feu n'est visible. Par contraste, le vert éclatant de l'herbe et des arbres environnants accentue l'intensité du moment. Blair fait appel à des techniques impressionnistes apprises en France pour représenter cette scène de la vie quotidienne.
Jean
McEwen
Entrelacs rouges, 1961
Les couches opaques et transparentes de rouges, de jaunes et de bruns donnent de la profondeur et de la fluidité à ce tableau non représentatif. Jean McEwen était influencé par des artistes tels que Paul-Émile Borduas et Jean-Paul Riopelle qui travaillaient spontanément, puisant à l'inconscient comme les surréalistes français des années 1920. Dans cette œuvre, l'artiste n'invoque ni la nature ni aucun autre sens grandiose. Il cherche plutôt la sensualité d'une texture colorée, résultat de sa manière d'appliquer et de superposer les couches picturales. Pour y parvenir, il répond à l'évolution chromatique de la toile et, parfois, accumule une douzaine de couches. La texture qui en découle et sa subtilité tonale produisent un effet de brillance, de marbrure et de fronce. L'espace flou du tableau de McEwen nous permet de ressentir la couleur pure.
Entrelacs rouges, 1961
Les couches opaques et transparentes de rouges, de jaunes et de bruns donnent de la profondeur et de la fluidité à ce tableau non représentatif. Jean McEwen était influencé par des artistes tels que Paul-Émile Borduas et Jean-Paul Riopelle qui travaillaient spontanément, puisant à l'inconscient comme les surréalistes français des années 1920. Dans cette œuvre, l'artiste n'invoque ni la nature ni aucun autre sens grandiose. Il cherche plutôt la sensualité d'une texture colorée, résultat de sa manière d'appliquer et de superposer les couches picturales. Pour y parvenir, il répond à l'évolution chromatique de la toile et, parfois, accumule une douzaine de couches. La texture qui en découle et sa subtilité tonale produisent un effet de brillance, de marbrure et de fronce. L'espace flou du tableau de McEwen nous permet de ressentir la couleur pure.
Arshile
Gorky,
Amour calciné ll, 1946
© Succession d'Arshile Gorky / ADAGP (Paris) / SODRAC (Montréal) 2000
Dans cette œuvre mélancolique, Gorky pleure l'incendie de son atelier. De fins traits noirs et de petites sections jaunes et rouges ponctuent un fond de gris et de noirs de densités diverses. Les tourbillons de gris évoquent la fumée et les cendres, les tourbillons de noir, la peine et le vide. La retenue chromatique de cet artiste à la palette habituellement vive est ici exceptionnelle. Amour calciné II est, de toutes les œuvres de Voir rouge, celle qui comprend le moins de rouge. Gorky a connu le malheur toute sa vie. Dans sa jeunesse en Arménie, il a vu la persécution détruire sa famille et provoquer la mort de sa mère. La présence du rouge, même minime, porte une importante charge symbolique et formelle. Contrairement au jaune circonscrit, appliqué en glacis mince, le rouge est vif et opaque. Il peut symboliser tout aussi bien les débuts de la vie que les dénouements : parmi les mornes tons de gris et de noir, le rouge vif offre une pointe d'espoir.
Amour calciné ll, 1946
© Succession d'Arshile Gorky / ADAGP (Paris) / SODRAC (Montréal) 2000
Dans cette œuvre mélancolique, Gorky pleure l'incendie de son atelier. De fins traits noirs et de petites sections jaunes et rouges ponctuent un fond de gris et de noirs de densités diverses. Les tourbillons de gris évoquent la fumée et les cendres, les tourbillons de noir, la peine et le vide. La retenue chromatique de cet artiste à la palette habituellement vive est ici exceptionnelle. Amour calciné II est, de toutes les œuvres de Voir rouge, celle qui comprend le moins de rouge. Gorky a connu le malheur toute sa vie. Dans sa jeunesse en Arménie, il a vu la persécution détruire sa famille et provoquer la mort de sa mère. La présence du rouge, même minime, porte une importante charge symbolique et formelle. Contrairement au jaune circonscrit, appliqué en glacis mince, le rouge est vif et opaque. Il peut symboliser tout aussi bien les débuts de la vie que les dénouements : parmi les mornes tons de gris et de noir, le rouge vif offre une pointe d'espoir.
Jane
Ash Poitras
Une prière sacrée pour une île sacrée, 1991
Au début des années 1990, alors que les revendications territoriales au Canada battaient leur plein, les peuples autochtones ont adopté des positions renouvelées quant à l'autodétermination. Durant cette période, les artistes autochtones ont créé des œuvres nourries d'activisme politique et inspirées par la quête d'un renouveau spirituel. Jane Ash Poitras conçoit son rôle d'artiste dans l'esprit de la pratique traditionnelle de la guérison chamanique. Une prière sacrée pour une île sacrée (1991) est un appel à la reconquête spirituelle grâce au pouvoir transformateur du chaman. Ce triptyque de techniques mixtes incorpore textes manuscrits, découpages de magazines, coupures de journaux et une puissante iconographique picturale. Couleur traditionnelle de la révolution, le rouge sert ici à invoquer le pouvoir guérisseur du rituel. Imprimé en rouge, le mot « sacré » se répète en haut du panneau central et forme le titre de cette prière visuelle. À même l'ouvre, l'artiste nous met en garde par écrit contre l'élimination du rituel. Les dessins et les hiéroglyphes nous rappellent la source de l'iconographie autochtone. Symbole de la renaissance spirituelle, le bison blanc flotte près du tipi sacré. Partout dans l'ouvre, Poitras utilise le rouge pour affirmer l'identité autochtone dans le monde d'aujourd'hui.
Une prière sacrée pour une île sacrée, 1991
Au début des années 1990, alors que les revendications territoriales au Canada battaient leur plein, les peuples autochtones ont adopté des positions renouvelées quant à l'autodétermination. Durant cette période, les artistes autochtones ont créé des œuvres nourries d'activisme politique et inspirées par la quête d'un renouveau spirituel. Jane Ash Poitras conçoit son rôle d'artiste dans l'esprit de la pratique traditionnelle de la guérison chamanique. Une prière sacrée pour une île sacrée (1991) est un appel à la reconquête spirituelle grâce au pouvoir transformateur du chaman. Ce triptyque de techniques mixtes incorpore textes manuscrits, découpages de magazines, coupures de journaux et une puissante iconographique picturale. Couleur traditionnelle de la révolution, le rouge sert ici à invoquer le pouvoir guérisseur du rituel. Imprimé en rouge, le mot « sacré » se répète en haut du panneau central et forme le titre de cette prière visuelle. À même l'ouvre, l'artiste nous met en garde par écrit contre l'élimination du rituel. Les dessins et les hiéroglyphes nous rappellent la source de l'iconographie autochtone. Symbole de la renaissance spirituelle, le bison blanc flotte près du tipi sacré. Partout dans l'ouvre, Poitras utilise le rouge pour affirmer l'identité autochtone dans le monde d'aujourd'hui.
Claude
François
Saint Bonaventure, 1655
Voici un bel exemple de l'usage du rouge dans les images pieuses. Les spécialistes croient qu'il s'agit, en fait, de l'autoportrait de l'artiste, frère Luc, qui a séjourné un an en Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle. Le tableau représente Saint Bonaventure (1221-1274), enveloppé de rouge. La robe et la cape rouges, symboles de dévotion et de spiritualité, indiquent sa position hiérarchique comme cardinal de l'Ordre des Franciscains. L'écarlate de ses lèvres, de ses joues, de ses yeux et de ses mains donne corps à sa passion religieuse. Tête penchée et yeux au ciel, plume et livre en cuir à la main, il s'ouvre avec dévotion à la parole divine. De son vivant, Bonaventure avait la réputation d'être un faiseur de miracles. Au XVe siècle, il devint l'objet d'un culte et fut canonisé après la découverte dans sa tombe de sa tête préservée.
Saint Bonaventure, 1655
Voici un bel exemple de l'usage du rouge dans les images pieuses. Les spécialistes croient qu'il s'agit, en fait, de l'autoportrait de l'artiste, frère Luc, qui a séjourné un an en Nouvelle-France à la fin du XVIIe siècle. Le tableau représente Saint Bonaventure (1221-1274), enveloppé de rouge. La robe et la cape rouges, symboles de dévotion et de spiritualité, indiquent sa position hiérarchique comme cardinal de l'Ordre des Franciscains. L'écarlate de ses lèvres, de ses joues, de ses yeux et de ses mains donne corps à sa passion religieuse. Tête penchée et yeux au ciel, plume et livre en cuir à la main, il s'ouvre avec dévotion à la parole divine. De son vivant, Bonaventure avait la réputation d'être un faiseur de miracles. Au XVe siècle, il devint l'objet d'un culte et fut canonisé après la découverte dans sa tombe de sa tête préservée.

















