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Au
pays, le rouge éclatant du drapeau canadien est source de fierté;
notre paysage automnal étincelle, orange et rouge. Beaucoup d'uvres
portent sur les faits marquants de l'histoire du Canada. Le rouge dans l'imaginaire
canadien présente deux perspectives sur la bataille des Plaines d'Abraham
de 1759: la première est une ancienne célébration d'héroïsme
militaire et l'autre, une interprétation autochtone moderne de ce moment-clé
de l'histoire canadienne. Deux uvres des années 1950 rendent hommage
au paysage national et créent une iconographie inspirée de la
forêt et de la ferme. Une uvre de 1967 conjugue la célébration
du centenaire du pays et la perspective féministe des années 1960
dans la réinvention de l'art canadien.
Benjamin
West
La mort du général Wolfe, 1770
La mort du général Wolfe est la recréation fictive d'un événement-clé de l'histoire canadienne, la bataille des Plaines d'Abraham à Québec, qui a marqué le début de la fin de la Guerre de Sept ans entre la France et l'Angleterre. Cette vaste scène historique représente une situation dramatique où l'affliction des personnages annonce le thème central: blessé, le général se meurt sous les yeux de ses troupes au moment même de l'annonce de la victoire britannique. West représente le général tombé comme une descente de croix. Son uniforme rouge vif, le centre de l'attention, l'élève au statut de héros et de martyr. Le rouge unifie la composition: il se répète dans l'uniforme des soldats britanniques, les gouttes de sang, le drapeau fatigué, la plume de l'Autochtone et les troupes combattantes à l'arrière-plan. Avec ce tableau, West crée un moment dramatique de la mythologie canadienne.
La mort du général Wolfe, 1770
La mort du général Wolfe est la recréation fictive d'un événement-clé de l'histoire canadienne, la bataille des Plaines d'Abraham à Québec, qui a marqué le début de la fin de la Guerre de Sept ans entre la France et l'Angleterre. Cette vaste scène historique représente une situation dramatique où l'affliction des personnages annonce le thème central: blessé, le général se meurt sous les yeux de ses troupes au moment même de l'annonce de la victoire britannique. West représente le général tombé comme une descente de croix. Son uniforme rouge vif, le centre de l'attention, l'élève au statut de héros et de martyr. Le rouge unifie la composition: il se répète dans l'uniforme des soldats britanniques, les gouttes de sang, le drapeau fatigué, la plume de l'Autochtone et les troupes combattantes à l'arrière-plan. Avec ce tableau, West crée un moment dramatique de la mythologie canadienne.
Robert Houle
Kanata, 1992 © R.Houle
Houle recadre le tableau de Benjamin West, La mort du général Wolfe (1770), dans une perspective autochtone de l'histoire. Il intercale l'image centrale entre des panneaux monochromes rouge et bleu qui symbolisent l'Angleterre et la France. Cette œuvre fait appel aux conventions du modernisme et du postmodernisme: les monochromes rouge et bleu sont typiques de l'approche moderniste minimaliste alors que la réinterprétation d'un événement historique et l'appropriation d'un tableau historique sont des stratégies fréquentes du postmodernisme. Houle souhaite invoquer un autre récit en soulignant la marginalisation historique des points de vue autochtones. Après avoir vidé l'événement " héroïque " de ses couleurs, il en a redessiné le thème central entre les monochromes. Ce faisant, il déplace notre point de vue du général mourant à l'Indien contemplatif. Si le rouge et le bleu de son costume évoquent l'influence marquante des Anglais et des Français sur sa culture, il n'est plus simplement témoin d'un événement: il en est le sujet.
Kanata, 1992 © R.Houle
Houle recadre le tableau de Benjamin West, La mort du général Wolfe (1770), dans une perspective autochtone de l'histoire. Il intercale l'image centrale entre des panneaux monochromes rouge et bleu qui symbolisent l'Angleterre et la France. Cette œuvre fait appel aux conventions du modernisme et du postmodernisme: les monochromes rouge et bleu sont typiques de l'approche moderniste minimaliste alors que la réinterprétation d'un événement historique et l'appropriation d'un tableau historique sont des stratégies fréquentes du postmodernisme. Houle souhaite invoquer un autre récit en soulignant la marginalisation historique des points de vue autochtones. Après avoir vidé l'événement " héroïque " de ses couleurs, il en a redessiné le thème central entre les monochromes. Ce faisant, il déplace notre point de vue du général mourant à l'Indien contemplatif. Si le rouge et le bleu de son costume évoquent l'influence marquante des Anglais et des Français sur sa culture, il n'est plus simplement témoin d'un événement: il en est le sujet.
A.
Y. Jackson
L'érable rouge, 1914
© Gracieuseté de Dr. Naomi Jackson Groves
Un jeune érable occupe tout l'avant-plan de ce tableau. Ses feuilles écarlates s'ouvrent sur une rivière bondissante. Grâce à des œuvres comme L'érable rouge, l'artiste A.Y. Jackson et les membres du Groupe des Sept ont inauguré la peinture de la nature sauvage. Les Canadiens étaient alors en quête d'identité et ces artistes leur ont proposé une vision novatrice fondée sur un style pictural moderne qui a choisi l'extraordinaire paysage canadien pour exprimer la fierté dans la splendeur des terres vierges du Canada. Peintes en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, les feuilles de L'érable rouge évoquent non seulement les couleurs vives de l'automne, mais annoncent aussi le carnage qui s'en vient. Déjà à cette époque, la feuille d'érable, épurée et symétrique, était devenue un symbole national. En choisissant de rendre les feuilles d'érable par des rouges riches et lumineux, Jackson marque cette icône comme indigène au Canada.
L'érable rouge, 1914
© Gracieuseté de Dr. Naomi Jackson Groves
Un jeune érable occupe tout l'avant-plan de ce tableau. Ses feuilles écarlates s'ouvrent sur une rivière bondissante. Grâce à des œuvres comme L'érable rouge, l'artiste A.Y. Jackson et les membres du Groupe des Sept ont inauguré la peinture de la nature sauvage. Les Canadiens étaient alors en quête d'identité et ces artistes leur ont proposé une vision novatrice fondée sur un style pictural moderne qui a choisi l'extraordinaire paysage canadien pour exprimer la fierté dans la splendeur des terres vierges du Canada. Peintes en 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale, les feuilles de L'érable rouge évoquent non seulement les couleurs vives de l'automne, mais annoncent aussi le carnage qui s'en vient. Déjà à cette époque, la feuille d'érable, épurée et symétrique, était devenue un symbole national. En choisissant de rendre les feuilles d'érable par des rouges riches et lumineux, Jackson marque cette icône comme indigène au Canada.
L
L. FitzGerald
Grange rouge, 1934
La grange rouge est devenue un symbole central de la vie sociale et économique d'un Canada historique. Ce tableau fut peint durant la Dépression alors que l'agriculture cède le pas à l'industrie comme base de l'économie. Le rouge fatigué de la grange passe donc au bleu puisque la fonction de l'édifice se transforme. La dure réalité de la Dépression et les difficultés qu'éprouvèrent les fermiers ont eu pour conséquence la disparition d'un mode de vie. La grange rappelle donc cet idéal perdu. FitzGerald était un peintre régional qui se consacrait à des sujets proches de son foyer de Winnipeg.
Grange rouge, 1934
La grange rouge est devenue un symbole central de la vie sociale et économique d'un Canada historique. Ce tableau fut peint durant la Dépression alors que l'agriculture cède le pas à l'industrie comme base de l'économie. Le rouge fatigué de la grange passe donc au bleu puisque la fonction de l'édifice se transforme. La dure réalité de la Dépression et les difficultés qu'éprouvèrent les fermiers ont eu pour conséquence la disparition d'un mode de vie. La grange rappelle donc cet idéal perdu. FitzGerald était un peintre régional qui se consacrait à des sujets proches de son foyer de Winnipeg.
Joyce
Wieland
Confedspread, 1967
Multicolores et capitonnés, les rectangles en plastique forment un moelleux collage à la manière d'une courtepointe. Dans cette œuvre, Wieland s'amuse à modifier le motif du drapeau canadien tout récemment dévoilé: une feuille d'érable rose dérape vers le bas du drapeau, une autre apparaît sous un plastique rouge transparent. Les joyeux cubes rouge vif rappellent les jeux de blocs. Confedspread, réalisée pour Expo 67, l'exposition internationale de Montréal, célèbre le 100e anniversaire de la Confédération du Canada. Dans cette mosaïque de tissu et de vinyle colorée, le rouge affirme avec joie la fierté nationale et l'amour de l'artiste pour son pays. À ce moment de sa carrière, Joyce Wieland assimile le Canada et son paysage à sa propre identité comme femme. Elle transforme la courtepointe, cet ouvrage traditionnel des femmes au foyer, en une œuvre profondément politique exposée dans un lieu public.
Confedspread, 1967
Multicolores et capitonnés, les rectangles en plastique forment un moelleux collage à la manière d'une courtepointe. Dans cette œuvre, Wieland s'amuse à modifier le motif du drapeau canadien tout récemment dévoilé: une feuille d'érable rose dérape vers le bas du drapeau, une autre apparaît sous un plastique rouge transparent. Les joyeux cubes rouge vif rappellent les jeux de blocs. Confedspread, réalisée pour Expo 67, l'exposition internationale de Montréal, célèbre le 100e anniversaire de la Confédération du Canada. Dans cette mosaïque de tissu et de vinyle colorée, le rouge affirme avec joie la fierté nationale et l'amour de l'artiste pour son pays. À ce moment de sa carrière, Joyce Wieland assimile le Canada et son paysage à sa propre identité comme femme. Elle transforme la courtepointe, cet ouvrage traditionnel des femmes au foyer, en une œuvre profondément politique exposée dans un lieu public.















