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Lucas Cranach l'Aîné,
v. 1518
Contexte
Lucas Cranach l'Aîné, Vénus, v. 1518
huile sur bois, 180,5 x 72,5 x 0,7 cm, NGC no 6087
La Vénus de Lucas Cranach l'Ancien, une peinture du XVIe siècle, a été nettoyé
en 1993 au Laboratoire de restauration et de conservation du Musée des beaux-arts
du Canada. Les spécialistes avaient remarqué depuis un certain temps qu'une
feuille peinte (qui était en réalité une grande feuille pendant à l'extrémité
d'une branche) avait été ajoutée après la mort de l'artiste pour masquer le
pubis à peine voilé de la déesse, et on a suggéré que la feuille soit retirée.Cette
photographie montre la peinture avant le retrait de la feuille de vigne et
des couches épaisses de vieux vernis de résine naturelle. Les couches de vernis
antérieures avaient sans doute été retirées et remplacées plusieurs fois.
La dernière datait d'environ 75 ans. Certains repeints décolorés ayant servi
à dissimuler des dommages causés par la légère séparation des panneaux verticaux
joints étaient devenus préoccupants.
Cliquez sur la flèche d'avancement
pour voir l'œuvre avant et après les travaux de restauration.
Défi
Pendant que le vernis qui s'obscurcissait en vieillissant
nuisait de plus en plus à l'appréciation de l'image, le nettoyage de la peinture
par le retrait de ce vernis et des repeints décolorés s'imposait. On a alors
évalué la possibilité de retirer en même temps la feuille de vigne.
Cliquez sur la flèche d'avancement pour voir l'œuvre avant et après les travaux de restauration.
Caractéristiques de
l'œuvre
Certaines caractéristiques de la peinture aident à
mieux comprendre les effets du traitement de restauration sur l'objet.
Les
trois sections à explorer sont :
Cliquez dans chaque section pour obtenir une vue détaillée.
Cette feuille peinte (en réalité une grande feuille pendant à l'extrémité d'une branche) a été ajoutée après la mort de l'artiste pour masquer le pubis à peine voilé de la déesse.
Même lorsqu'il peignait des nus, Cranach se privait rarement d'inclure des éléments secondaires reflétant la mode du jour, telles les chaînes en or portées en sautoir par la classe aisée.
Pour rehausser la nudité de la figure, Cranach a ajouté autour de ses hanches un voile transparent destiné à mettre en relief plutôt qu'à dissimuler sa nudité.
La révélation des détails
On a fait appel à deux techniques pour voir à quels endroits on avait réparé la peinture ou effectué des repeints.
Les techniques :La photographie en ultraviolet
La radiographie par rayons X
Choisissez une technique, puis suivez la transformation jusqu'au résultat final.
La photographie
en ultraviolet
Les pigments organiques entrent en fluorescence sous l'effet des rayons ultraviolets. La photographie ultraviolette (ou en lumière fluorescente) fait apparaître les réparations et les repeints, les parties récentes apparaissant plus foncées que les parties anciennes. Les rayons ultraviolets excitent la couche de surface d'une façon particulière qui nous renseigne sur le type de vernis et la technique d'application employée, ainsi que sur le degré de décoloration dû au vieillissement.
Dans la Vénus de Cranach, la feuille est encore visible sous la lumière ultraviolette, même après avoir été retirée. Les sections de la peinture qui ont été réparées sont nettement visibles : la fissure à l'endroit où les panneaux commençaient à se disjoindre, l'endroit où la branche recouvrait une partie endommagée sur la cuisse gauche, et les repeints effectués sur la cheville gauche.
La photographie révèle qu'une mince couche du vieux vernis de résine naturelle décoloré, de teinte verdâtre, a été laissé en place, tandis que les interventions plus sombres sont nettement visibles.
Cliquez dans la section de la feuille pour obtenir une vue détaillée.Retour
La radiographie
par rayons X
Cette radiographie composite fait apparaître les couches de peinture du tableau, les endroits où la peinture d'origine s'est détachée, ainsi que le motif de treillis de la structure de bois appliquée à l'endos du panneau. Les structures verticales sont collées au dos des planches de bois en suivant le grain, tandis que les structures horizontales sont maintenues lâchement en place par les bandes de bois verticales.
Avec le temps, les bandes horizontales peuvent perdre de la mobilité et accroître les dommages aux joints du panneau d'origine en restreignant le mouvement normal des planches de bois.
Dans cette peinture, le support est constitué de huit minces planches de bois verticales, dont l'un des joints est légèrement disjoint.
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Pendant le traitement
La peinture est partiellement nettoyée et l'on distingue la forme de la feuille qui a été retirée. Le vieux vernis contraste fortement avec la section nettoyée dans la partie droite de la peinture, qui révèle une œuvre dans un état de conservation remarquable pour son âge. Des dommages mineurs aux couches de peinture sont visibles sur la photographie.
Après le traitement
Après que le vieux vernis a été retiré, on a laissé reposer la peinture pendant
plusieurs mois pour permettre aux solvants de s'évaporer. On a ensuite appliqué
une mince couche de vernis de dammar,une résine naturelle, puis les dommages
ont été intégrés à la peinture d'origine à l'aide de pigments secs mélangés
à une base d'acrylique, en recherchant la plus grande ressemblance. Enfin,
la peinture a reçu une seconde couche de vernis de dammar, choisi à dessein
pour son aspect lustré étant donné que les œuvres sur panneaux de cette
Cliquez dans la section de la feuille pour obtenir une vue détaillée.
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