Analyse iconographique

Saint Antoine abbé
Saint Jérôme
Saint Michel
Antonio Petrobelli
Girolamo Petrobelli
Le Christ mort
Les anges
Les anges
Les anges
Les anges
Les anges
Arbres fruitiers
Architecture
Paysage à l’arrière-plan
Les instruments de la passion
Les instruments de la passion
Les instruments de la passion

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Saint Antoine Abbé

Saint Antoine abbé

La figure de saint Antoine abbé accompagne Antonio (Antoine) Petrobelli. Ce saint est typiquement représenté en vieillard barbu portant un habit de moine. Par contre, dans le Retable Petrobelli, Véronèse choisit plutôt d’illustrer saint Antoine en abbé. Ceci est identifiable par ses vêtements et la crosse qu’il tient dans sa main droite. On le retrouve avec ses attributs habituels: le cochon et la clochette. Le cochon était un animal élevé par les Antonins, un ordre religieux nommé en l’honneur de saint Antoine. Ce dernier utilisait la clochette pour appeler les fidèles à faire l’aumône. Le « T » de couleur blanche sur la courte cape (mozzetta) réfère au bâton en forme de « T » utilisé par le saint homme et au tau égyptien symbolisant l’immortalité.

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Saint Jérôme

Saint Jérôme

Saint Jérôme (« Girolamo » en italien) est représenté avec ses attributs communs tels que le lion et  la robe rouge de cardinal. Quoique Saint Jérôme ne fût jamais cardinal, il est considéré comme étant l’un des quatre pères de l’Église occidentale grâce à ses traductions de textes bibliques et ses écrits théologiques; l’édifice que tient saint Jérôme symbolise l’Église même. Bien que l’histoire de saint Jérôme soit connue, c’est la Légende dorée  de Jacopo da Voragine (vers 1228 – 1298) qui inspirera les artistes de la Renaissance et établira ses attributs. Ce texte populaire et très accessible, portant sur la vie des saints, était offert en latin et dans des dialectes locaux. Selon cet ouvrage, saint Jérôme enleva une épine d’une patte d’un lion qui devint par la suite un  fidèle compagnon.

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Saint Michel

Lorsque la partie inférieure du retable fut divisée, certaines parties de l’œuvre ont été jetées. De cette partie centrale, seule la tête de saint Michel demeure. Grâce aux éléments apparaissant dans les autres fragments tels que la balance, la lance, une aile d’ange et les extrémités des membres de Satan se tordant sous le poids de l’archange, il est possible de comprendre la partie centrale du retable. Saint Michel est à la fois un combattant, un juge et un ange. Véronèse le présente dans deux actions précises, à la fois terrassant Satan et pesant les âmes humaines. L’âme est symbolisée par le petit personnage dans la balance. Quoiqu’ayant été une image courante à l’époque, saint Michel piétinant Satan et pesant les âmes humaines est unique dans l’œuvre  de Véronèse. L’espérance d’un salut éternel lors du jugement dernier est certainement l’une des raisons de son inclusion dans cette œuvre. Une dévotion apparente pour saint Michel de la part de la famille Petrobelli est aussi probable puisque la famille était également affiliée à l’église San Michele (saint Michel) de la vallée d’Imagna.

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Antonio Petrobelli

La gestuelle d’Antonio, avec ses bras grands ouverts, confère à la pose une allure dramatique. Cette gestuelle ainsi que l’emplacement stratégique d’Antonio à l’avant-plan du tableau suggèrent que celui-ci est fort probablement l’aîné des cousins Petrobelli et le chef de la famille. Les dates de naissance et âges des mécènes ne sont pas connus. Mais puisqu’Antonio décède avant Girolamo, cela laisserait entendre qu’il était alors le plus âgé. On le voit ici en compagnie de son saint intercesseur, saint Antoine. Antonio détourne le regard de son saint intercesseur pour lever les yeux vers l’archange saint Michel.

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Girolamo Petrobelli

Girolamo (Jérôme) Petrobelli est agenouillé derrière saint Jérôme. On le voit priant et regardant son saint protecteur qui en retour l’observe en faisant des gestes en direction du Christ mort. Les regards et les gestes des personnages permettent de lier les divers éléments et sujets du tableau. Le spectateur peut ainsi saisir, en un bref regard, les diverses expériences uniques vécues par chaque mécène. Antonio, guidé par son saint intercesseur, lève les yeux vers saint Michel qui terrasse Satan et pèse une âme humaine. Saint Jérôme invite Girolamo à méditer sur le sujet de la mort du Christ pour le salut de l’homme.

Girolamo et Antoni portent d’élégants vêtements bordés de fourrure. La famille Petrobelli, bien qu’elle soit fortunée, vient de province, ce qui expliquerait la sobriété de leurs costumes.

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Le Christ mort

La section supérieure du Retable Petrobelli présente le Christ mort soutenu par des anges. Ce type de représentation est souvent  appelé Pietà. Les anges soutiennent le Christ de façon à le présenter aux fidèles pour leur contemplation. Le corps du Christ est un important sujet de dévotion et dans la chapelle Petrobelli, celui-ci est présent à la fois dans l’œuvre de Véronèse et sous la forme du pain et du vin utilisés lors des cérémonies eucharistiques célébrées à l’autel, qui se trouve directement sous le retable. Ce rappel sert aussi à mettre l’accent sur l’importance de la messe et du rôle médiateur de L’Église entre Dieu et l’homme.

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Les anges

Selon la tradition chrétienne, il existerait un ordre hiérarchique complexe des anges. Le Retable Petrobelli en présente quatre types : Les anges soutenant le Christ mort, les putti (les petits anges ressemblant à de jeunes enfants et portant les instruments de la passion), les chérubins (les têtes ailées) et l’archange saint Michel. Les couleurs des tuniques des anges pourraient symboliser les trois vertus théologiques, soit la foi, l’espérance et la charité. Les anges prennent généralement la forme d’enfants ou de jeunes gens. L’ange ressemblant à un enfant, le putto (pl. putti) apparaît à la Renaissance. L’enfant symbolise l’innocence et la pureté.

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Arbres fruitiers

L’arbre, un pêcher, évoque la mort saisonnière ainsi que la nature et la vie qui se régénèrent. Les feuilles de vignes qui entourent le tronc de l’arbre, symbolisent l’eucharistie car les raisins cueillis de ces vignes serviront à fabriquer le vin utilisé lors des cérémonies religieuses. La pêche pourrait, dans ce contexte, symboliser le «salut» et la «victoire», deux concepts liés entre eux qui viennent appuyer la thématique centrale du retable, le sacrifice du Christ pour sauver l’homme.

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Architecture

L’art de la Renaissance à Venise au XVIe siècle est marqué par un intérêt soutenu pour l’architecture antique. À cette époque, plusieurs traités portant sur l’architecture sont publiés tels que ceux d’Andrea Palladio (1508 – 1580). Véronèse connaissait bien ce dernier et collaborera avec lui lors de projets de construction et de décoration de grandes villas vénitiennes. Dans le Retable Petrobelli, les colonnes ioniques forment un portique semi-circulaire et encadrent les éléments de l’œuvre tout en créant un espace presque théâtral où se déroule la scène. L’architecture dans cette œuvre, démontre donc que Véronèse porte une attention particulière à l’architecture et aux traités de ses contemporains.

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Le paysage à l’arrière-plan

Puisque le paysage à l’arrière-plan du retable ressemble très peu au paysage de Lendinara et de la Vallée de Pô, Véronèse avait fort probablement voulu faire référence à la vallée de l’Imagna où l’on retrouve l’église San Michele, qui comptait la famille Petrobelli parmi ses fidèles.

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Les instruments de la passion

Les putti du Retable Petrobelli portent les instruments de la Passion, ces objets qui, dans l’histoire biblique de la mort du Christ, ont servi à sa torture tels que le fouet, la couronne d’épines et les clous. Le corps du Christ  porte les marques de ces instruments. Le Retable Petrobelli, dans la chapelle de San Francesco, était installé au-dessus d’un autel de marbre où les instruments de la passion étaient aussi illustrés. Ces images incitaient les fidèles à méditer sur la Passion du Christ et à visualiser concrètement  la souffrance qu’il a ressentie par l’intermédiaire des blessures qui lui ont été infligées.

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