Biographie de l’artiste

PMattia Carneri, buste de Paolo Veronese, église San Sebastiano, Venise
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Mattia Carneri, buste de Paolo Veronese, église San Sebastiano, Venise
Photo : Chiesa Cattolica Italiana - Patriarcato di Venezia

Paolo Véronèse

Vérone, Italie, 1528
Venise, Italie, avril 1588

« Nous, les peintres, prenons des libertés tout comme les poètes et les fous. »

Paolo Véronèse est indéniablement l’un des artistes de l’école vénitienne qui a marqué le plus la Renaissance italienne au même titre que le Titien (1485-1576) et le Tintoret (1518-1594). Ses retables, ses fresques, ses portraits et ses majestueuses compositions théâtrales attestent d’un talent inégalé pour la couleur, les effets de lumière et l’illusionnisme. Ses harmonies de couleurs et sa fine manipulation des pigments influenceront un grand nombre d’artistes tels que Vélasquez, Rubens et Cézanne. Eugène Delacroix, un peintre du XIXe siècle, nommera même sa palette de cinquante-deux couleurs en l’honneur de Véronèse.

Véronèse, également connu sous le nom de Paolo Caliari, est né à Vérone. Son père était un tailleur de pierres. Bien qu’inhabituel pour l’époque, Véronèse ne suivra pas les traces de son père en choisissant la profession de ce dernier. À la place, il devient apprenti auprès d’Antonio Badile (1518-1560), un peintre mineur. Il surpassera très tôt son maître et établira sa propre pratique vers les années 1544, lorsqu’il a à peine 16 ans, grâce à  ses interactions avec le prolifique architecte Michele Sanmicheli. Celui-ci présentera Véronèse à d’importants mécènes. Suite à ces rencontres, la carrière du jeune Paolo prendra son envolée. En 1553, Véronèse s’établit à Venise. Les arts y étaient alors en plein essor, mais Véronèse avait peu de rivaux et ses peintures étaient fort prisées par l’Église et l’État ainsi que par des mécènes fortunés. Son œuvre incluait des fresques, des peintures à l’huile et une remarquable variété de dessins.

La demande pour les œuvres de Véronèse est telle qu’il aura rapidement besoin d’un atelier pour l’aider avec ses nombreuses commandes. Les ateliers d’artiste étaient fréquemment des entreprises familiales. Benedetto, le frère de Véronèse, deviendra très tôt un de ses collaborateurs et restera avec lui tout au long de sa vie. De son union avec Elena Badile, la fille de son ancien maître, naîtront quatre enfants. Plus tard, les deux fils les plus âgés, Gabriele et Carletto, travailleront à l’atelier de leur père en compagnie de leur oncle. Ils deviendront d’importants collaborateurs au sein de l’atelier. À la mort Véronèse, ses fils et son frère continueront à travailler ensemble, permettant ainsi de puiser dans le riche patrimoine visuel laissé par le grand maître.

Véronèse était considéré par ses pairs comme un artiste qui portait autant d’attention à la couleur qu’au dessin. Le designo (dessin) est considéré comme étant une activité plutôt intellectuelle tandis que le colorito (la couleur) se définit au-delà de la couleur en soi et exprime plutôt la capacité d’utiliser les coloris pour représenter le monde environnant. En réussissant à allier ces deux contrastes, Véronèse parvient à traduire l’opulence et le réalisme des tissus ainsi que l’éclat des couleurs tout en conférant au dessin une grande importance dans son processus créatif.

Véronèse sera reconnu pour sa liberté d’expression, si bien illustrée dans la citation ci-dessus. Cette liberté lui attirera certains ennuis avec l’Inquisition, un tribunal de l’Église catholique romaine en charge de faire respecter les doctrines religieuses. En 1573, Véronèse sera traduit devant ce tribunal et accusé d’hérésie à cause d’un tableau réalisé pour le réfectoire de Santi Giovanni de Paolo à Venise. L’œuvre devait représenter la Cène, c’est-à-dire le dernier repas du Christ en compagnie des apôtres. De la cinquantaine de personnages illustrés, plus d’une trentaine n’appartenaient pas à l’histoire religieuse tels que des bouffons, des nains, des animaux et divers individus jugés profanes. Afin de contrer les foudres de l’Inquisition et d’éviter la condamnation, Véronèse se verra obligé de changer le titre de son tableau. Depuis lors, ce dernier portera le nom de Repas chez Lévi.

Paolo Véronèse décède en 1588, à l’âge de soixante ans. Son corps repose maintenant sous l’orgue de l’église de San Sebastiano, pour laquelle il a peint un grand nombre de fresques.

Le Musée des beaux-arts du Canada possède trois toiles importantes de Véronèse. Celles-ci illustrent divers aspects de la période mature de l’artiste. Découvrez, sur ce site Internet, les œuvres La Madeleine repentante, Le Christ mort supporté par des anges, du Retable Petrobelli et Le repos pendant la fuite en Égypte  et explorez le processus de création de l’artiste.

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