L'exposition de 1975 : Comptes rendus du catalogue

Sans titre
Art Bulletin
01 Sep 1977
Une critique du catalogue de l?exposition Peinture canadienne des années trente écrit par Charles C. Hill et publié par le Musée des beaux-arts du Canada. La préface du catalogue a été écrite par Jean Sutherland Boggs, la directrice de la Galerie nationale du Canada. Charles C. Hill, le conservateur adjoint de l?art canadien de l?époque postconfédérale du Musée, présente l?histoire de cette période décisive dans l?évolution de l?art canadien. Les années trente ont été caractérisées par « un mouvement entre deux pôles, notamment du nationalisme à l?internationalisme, du Groupe des Sept à la Société d?art contemporain, de Toronto à Montréal ». Les développements artistiques de cette période étaient analogues à ce qu?on pouvait observer aux États-Unis, sans pour autant être identiques. Contrairement aux États-Unis, le gouvernement canadien n?offrait pas de programme de soutien aux arts. Charles Comfort, qui était influencé par la peinture murale des États-Unis, a peint des panneaux pour la bourse de Toronto en 1936. Au milieu des années trente, des artistes canadiens plus jeunes que lui avaient fait des études à l?Art Students League de New York. Hill relate le différend qui opposait les membres et les adeptes du Groupe des Sept à un groupe d?artistes canadiens qui rejetaient la peinture de paysages comme symbole canadien. Certains voyaient l?art comme un véhicule permettant d?exprimer leurs convictions politiques et sociales, tandis que d?autres se sont tournés vers une vision et un traitement plus objectifs des problèmes formels. Vers les années quarante, Montréal s?était imposée comme le principal centre de développement de l?art canadien. Le premier chapitre du catalogue porte sur la formation du Groupe des Peintres canadiens à partir de certains éléments du Groupe des Sept. Dans les années trente, A.Y. Jackson, Arthur Lismer et Lawren S. Harris ont étendu leur influence de Toronto à Montréal. Edwin Holgate a été l?un des principaux acteurs de la création de l?école montréalaise. En Colombie-Britannique, Emily Carr, Fred Varley et Jock MacDonald ont perpétué la tradition de peinture de paysages du Groupe des Sept. Mark Tobey a eu une grande influence sur Emily Carr et l?a amenée à s?intéresser à la théosophie. Un autre chapitre du catalogue est consacré aux « Indépendants » comme LeMoine FitzGerald, David Milne et Lawren Harris. Ces trois artistes ont été influencés par les progrès artistiques réalisés aux États-Unis et ailleurs dans le monde. Les membres les plus jeunes du Groupe des Peintres canadiens ont fini par rejeter le nationalisme de leurs aînés. John Lyman était porte-parole de l?internationalisme émergent et de la domination de Montréal comme centre artistique. Lyman, qui était président de la Société d?art contemporain, a rédigé une chronique mensuelle dans la Gazette de 1936 à 1940. Dans son catalogue, Hill se penche sur le rôle des femmes dans les arts.